Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Il prêche le dialogue inter-religieux. Une position qui vaut à Hassen Chalgoumi, imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), de s’attirer les foudres d’une partie de la communauté musulmane. Sa tête est mise à prix. Portrait d’un homme traqué.
La sonnerie du téléphone semble s'égarer avant que Hassen Chalghoumi ne décroche. Où se trouve-t-il ? Celui qu'on appelle toujours l'imam de la mosquée de Drancy — même s'il n'y prêche plus depuis longtemps — garde jalousement le secret. Il est bien loin de « sa mosquée ». A des milliers de kilomètres, quelque part dans un Etat du Golfe où il réside désormais. Il y a établi sa famille et la rejoint dès qu'il le peut. Le reste du temps, c'est le téléphone qui le relie aussi à sa femme et à ses cinq enfants.
« Tous les matins, je les appelle. Car je ne sais pas si je vais terminer ma journée », lâche-t-il la gorge nouée. Pour se fondre dans l'anonymat, ses proches ont dû sacrifier aussi leur patronyme. « Mon nom, il circule partout, au Yémen, en Irak et en Tunisie, c'est pire », souffle-t-il. La Tunisie, sa terre natale, où un illuminé s'est jeté sur lui pour le frapper, en 2013, en criant « Chalghoumi traître ». « J'ai eu quatre côtes cassées, côté cœur. Ma femme a eu une fracture du nez et il a mis un coup de poing à ma fille », raconte-t-il au bord des larmes. On ne lui pardonne pas d'avoir été « Charlie », d'être l'imam ami des Juifs et récemment, d'avoir demandé pardon à la famille de Samuel Paty, l'enseignant décapité début octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

A 48 ans, Hassan Chalghoumi est un homme en sursis, exilé dans son propre pays, la France, sous protection policière permanente. Quand il se rend à la mosquée, coiffé de son inamovible calot blanc, c'est vêtu d'un gilet pare-balles. Et comme jadis Yasser Arafat pourchassé par le Mossad, il ne dort jamais deux nuits au même endroit quand il est en France. Il a mis sa maison en vente. « Dès que des acheteurs savent que c'est la maison de l'imam Chalghoumi, ils reculent », confie-t-il. Quand la pression est trop forte, comme c'est le cas en ce moment, il avoue : « Je suis perdu ». Sa tête a même été mise à prix. 150 000 euros.
Menaces de mort, exil et protection policière : pourquoi l’imam de Drancy dérange
Tag(s) : #secte, #religion, #islam, #islamisme, #intégriste, #attentats
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :