A plein gaz, la moto parcourt le maquis syrien et fend la terre aride, meurtrie par l’hiver et la guerre. Depuis plusieurs jours, les jihadistes de l’Etat islamique et les rebelles syriens s'affrontent sur ce no man’s land, situé à l’ouest de Raqqa. Aujourd’hui, la voie est libre. Pas un check-point en vue, ni le moindre soldat. Seules quelques habitations à l’horizon. Stéphanie* et son fils vont pouvoir passer.
Installée derrière son chauffeur, cette Française âgée d’une vingtaine d’années tient son fils dans ses bras. Epuisé par la course, le petit garçon s’est endormi malgré les incessants soubresauts, inévitables sur cette route bosselée. Soudain, un aboiement brise la monotonie du ronflement du moteur. Un chien les prend en chasse. "J’ai cru qu’il allait nous bouffer, il a dû avoir peur quand il m’a vu tout en noir", raconte Stéphanie. Une fois le molosse semé, le conducteur arrête la moto et se retourne vers la jeune femme. "Retire vite ton niqab, lui ordonne-t-il. On vient de sortir de leur zone. Daech, c’est fini."
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