Dans Le Devoir du 5 novembre dernier, Paul Eid a répliqué à Rachad Antonius à propos du concept d'islamophobie. Il s'est offusqué de l'accusation que ce dernier a adressée aux progressistes de ne pas bien réagir à la montée du fondamentalisme islamiste. L'argumentaire de M. Eid se révèle cependant inconsistant et sophistique, son défaut fondamental étant d'absolutiser la défense de la minorité musulmane en Occident jusqu'à détourner les yeux de la réalité socio-politique et religieuse.
Paul Eid clame que l'islamophobie est un racisme. Le mot renvoie pourtant à une hostilité vis-à-vis d'une doctrine religieuse, et non à l'endroit d'une race, d'une ethnie. L'islamophobie peut être vue comme une forme de résistance à l'influence de l'islam dans les affaires publiques. S'opposer à une religion n'a en soi rien de répréhensible. Cela relève au contraire de la liberté d'expression que de pouvoir critiquer et même de rejeter un système de pensée, qu'il soit philosophique, économique, politique ou religieux. Pour désigner des actes discriminatoires envers les adeptes de l'islam, il conviendrait de recourir plutôt au mot antimusulman, qui distingue la religion islamique des personnes qui la pratiquent.
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