Le 1er janvier 2020, la Mission interministérielle de vigilance et lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) sera amputée du quart de ses effectifs, fondus au sein du ministère de l’Intérieur. Une dissolution de fait qui interpelle.
Créée en 2002, la Miviludes a accompli un travail considérable. Ses treize membres, professionnels de l’éducation, de la santé, du droit ou de la finance, conjuguaient leurs compétences pour analyser les dérives sectaires, effectuer un travail de pédagogie et de formation tout en menant un combat de premier plan contre diverses formes de dérives sectaires, dont au moins de 500 000 Français seraient victimes. Récemment encore, la Miviludes faisait l’actualité avec l’affaire des 350 essais cliniques illégaux conduits, moyennant finances, sur des malades d’Alzheimer et de Parkinson, par une organisation mystique.
Alors que la prolifération du complotisme et des théories pseudo-scientifiques sur internet donne à ces mouvements sectaires un regain d’énergie – les signalements sont passés de 2.300 en 2017 à 3.000 l’année dernière –, la Miviludes, réduite à neuf permanents, sera néanmoins fusionnée avec le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), rattaché au ministère de l’Intérieur. Une mesure fidèle aux recommandations émises en 2017 par la Cour des comptes, qui insistait néanmoins sur la nécessité de « conforter » cette instance.
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