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« J'ai intégré le Groupe St Luc à l'âge de 9 ans en 1978. J'ai eu droit aux attentions très particulières du père dès la fin de l’année 1979 et jusqu’en 1982.

 

Régulièrement, lors des réunions du samedi après-midi, il me demandait de l’accompagner dans son bureau. Je le suivais docilement et c’est dans la salle des costumes, au dernier étage de l'église, qu’il m’enlaçait, me plaquait contre lui et commençait à me caresser. Il prenait ma main et me la guidait sur son visage et entre ses jambes. Il se baissait parfois pour que je l’embrasse.
Je garde le souvenir indélébile de cette effroyable odeur de cigare froid et de sa respiration malsaine alors que j'étais collé à son ventre.
Il y eu aussi ses caresses sur mon pénis lors d'un déplacement en car durant le camp de Corse en 1982. J’étais assis sur ses genoux sur le siège derrière le chauffeur, certes à l'abri de tous les regards, mais en public néanmoins.
J’étais très gêné… mais que dire.
Oui : que dire ? Et comment le dire ? Et à qui ? Cette question m’a longtemps hanté…
Cette interrogation démontre très bien, comme le dit Jérôme, toute l’ambiguité des rapports avec le père.
Mais il ne faut pas oublier qu’à l’époque, il représentait l’autorité absolue : celle de l’adulte, celle du chef et celle du prêtre, alors l'enfant que j'étais se disait : "Finalement, n'ai-je pas de la chance qu'il me chouchoute ? " Même si quelque part dans mon cerveau, un interrupteur se mettait sur OFF...Voila comment on finit par se persuader que c'est normal, qu'il nous aime bien (ou un peu plus que les autres)...et la vie continue. J'en ai parlé à ma mère en 1990, à l'age de 21 ans : elle n'a pas voulu m'entendre et m'a demandé de me taire. J'ai obéi...Occasion de délivrance loupée : j'avais ouvert "le couvercle" et il se refermait aussitot à ma grande stupeur et plus hermétiquement encore.
En effet, si même ma propre maman ne voulait pas m'écouter (ou me croire qui sait ?), qui le ferait ? Alors j'ai continué à vivre en me disant que rien ne s'était passé. Il me faudrait attendre encore 14 ans pour aller chercher une aide "extérieure" et me libérer enfin....Mon père qui n'a jamais daigné aborder le sujet a juste dit un jour : "Laurent était majeur lorsqu'il l'a annoncé"...Glaçant.

 

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Témoignages des victimes de Bernard Preynat
Tag(s) : #Catholicisme, #secte, #religion, #pédophilie
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