Catherine Katz, magistrate, ancienne Secrétaire générale de la Miviludes.
Durant trois ans, vous avez assuré la direction de l’équipe de conseillers de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé, des Finances, de l’Education et des Affaires étrangères qui composait la Miviludes. Comment analysez-vous cette "restructuration-disparition" ?
J’en suis terriblement attristée parce que le travail interministériel qui s’effectuait au sein de la Miviludes était essentiel à la bonne connaissance du phénomène sectaire puisqu’il permettait de partager et croiser les informations et donc d’agir efficacement. La disparition de la Mission représente la perte d’un outil sans équivalent contre les sectes et elle ne peut qu’être préoccupante car les grands mouvements sectaires travaillent toujours dans l’ombre et ne pourront sans doute qu’en tirer profit. Le risque sectaire en effet reste omniprésent et je peux en témoigner. En tant que magistrate, je continue à faire des formations sur la question. À la fin de ces réunions, il y a toujours quelqu’un qui vient me parler d’un cas personnel face auquel il est complètement démuni. Les gens ignorant encore souvent à qui ils doivent s’adresser pour avoir de l’aide, s’il n’y a pas un organisme bien visible, qui, à l’instar de la Miviludes, centralise les moyens et les experts, les mouvements sectaires auront, eux, de beaux jours devant eux.
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