Alors que les villes où les rabbins orthodoxes font la loi deviennent les principaux foyers de l’épidémie, la population redoute la contagion malgré les mesures drastiques prises dans l’Etat hébreu.
« Ils rempliront les lits d’hôpitaux, il n’y en aura plus un seul pour les autres et nous mourrons tous ! » La romancière israélienne Naomi Ragen, qui vit à Jérusalem, exprime la colère de milliers d’Israéliens devant la situation créée en pleine épidémie par les « haredim », les ultra-orthodoxes. Refusant les consignes de confinement, persistant à fréquenter leurs synagogues, ils sont désormais frappés de plein fouet par le coronavirus et représentent la moitié des cas hospitalisés en Israël.
Naomi Ragen, née aux Etats-Unis, vient elle-même d’un milieu très religieux. Elle l’a quitté et dénonce depuis plus de vingt ans les aberrations de l’obscurantisme dans des romans très populaires, comme « Sotah » (la femme adultère), traduit en français aux éditions Yodéa. Naomi a été aussi l’une des premières à combattre la tyrannie des machos religieux qui ordonnent aux femmes de s’entasser à l’arrière des bus. Aujourd’hui, elle voit se vérifier toutes ses peurs. « Les gens sont furieux et stressés, explique–t-elle, Certes, voici quelques jours, un rabbin très écouté a déclaré que tout individu qui se hasardait dehors était un assassin. Cela a eu un certain effet mais des haredim ont continué à aller à la synagogue, aux mariages et aux enterrements. Leur unanimisme commence pourtant à se fissurer. Le ministre de la Santé, Yaakov Litzman, est un orthodoxe mais il veut tout de même boucler complètement Bnéi Brak. Il est temps ! »
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