Car chez ces fous de dieu, l'amour de son prochain ne semble pas s'appliquer aux plus jeunes, qui seraient soumis à des punitions corporelles, déscolarisés, privés de jouets et de médicaments. Surveillé de près par les autorités, le mouvement, jamais vraiment inquiété, s'agrandit pourtant. Notre reporter est allé frapper à sa porte.
Quand il lui fallut pratiquer l'autopsie, le médecin légiste désigné par le juge d'instruction avoua n'avoir "jamais vu ça". Raphaël était si décharné que le praticien confia avoir pensé, devant cet enfant de 19 mois qui venait de mourir, aux corps retrouvés lors de la libération des camps de concentration nazis.
Nous étions alors en 1997, dans le hameau de Sus, à 45 km à l'ouest de Pau. Jugés devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, ses parents, Michel et Dagmar, membres de la secte Tabitha's Place, furent condamnés en appel à douze années de prison pour avoir laissé leur enfant, victime d'une grave malformation cardiaque, mourir sans recevoir de soins