Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Perte d’un emploi, difficultés financières et détresse psychologique, la crise sanitaire du coronavirus a apporté son lot d’incertitudes et de vulnérabilité. Une situation idéale pour les groupements sectaires qui multiplient leurs actions. Des médecins en Gironde mettent en garde. 
Depuis trois mois, les Français font face à une période d’incertitude. De nombreuses questions, économiques ou sanitaires émergent sur les réseaux sociaux et dans les discussions. "C’est difficile à évaluer, mais il y a beaucoup de troubles anxieux, de dépression liés aux questionnements sur l’avenir et la remise en question de sa vie", détaille Emmanuelle Giniès-Couderc, psychiatre au centre hospitalier de Libourne en Gironde. Et parmi les réponses, des promesses de solutions miracle, souvent néfastes pour ceux qui y adhèrent. 
 
Jouer sur la peur
Depuis plusieurs semaines, les professionnels de la santé sont alertés, par la Mivilude ( mission interministérielle de lutte contre les sectes ) et par leurs confrères d’un regain des activités sectaires en France. La raison ? Une instrumentalisation de la peur générée par la crise du Covid-19.

"Les situations de catastrophe, telles que celle qu’on vit actuellement, sont les lieux d’actions des associations sectaires pour asseoir leur emprise mentale sur des personnes vulnérables", explique Charles-Henri Martin, référent Nouvelle-Aquitaine des Cump (cellules d'urgence médico-psychologique).
Une vulnérabilité renforcée par le confinement. "Cette situation nous a isolés les uns des autres et a créé certaines tendances d’addictions à la nourriture, à l’alcool ou aux jeux vidéos, à cause de l’ennui. Ce sont autant de troubles que les sectes assurent pouvoir guérir, explique Emmanuelle Giniès-Couderc, qui rappelle que les sectes utilisent aussi leur image humanitaire pour recruter de nouveaux adeptes. Dans la situation actuelle, ils peuvent proposer de l’argent, des masques, de l’aide matérielle."

Aujourd’hui, plus de la moitié des associations sectaires concerne les domaines de la santé et du bien-être, en se référant notamment aux médecines alternatives, en vogue en ce moment. "Le reïki, la relaxation et même le yoga sont alors utilisés comme des leviers pour attirer de nouveaux adeptes", explique Charles-Henri Martin. 

Mais ces pratiques sont en réalité loin de correspondre aux méthodes, de plus en plus plébiscitées. "Il y a la bio-énergétique, le travail vibratoire, les égrégores de la vie. Ce sont autant de méthodes mystiques avec un discours flou", précise Emmanuelle Giniès-Couderc.
Sectes et coronavirus : la crise sanitaire est devenue leur nouveau terrain de jeu
Tag(s) : #secte, #sectes, #sciences, #miviludes, #manipulation mentale, #escrocs sectaires, #escrocs