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La viticulture biodynamique est une des nombreuses ramifications de l’anthroposophie, courant ésotérique controversé 1 fondé par Rudolph Steiner au début du XXe siècle et à propos duquel Le Monde Diplomatique a récemment publié une enquête [1]. Deux marques de certification, Demeter et Biodyvin, décernent un label « biodynamique » sur la base d’un cahier des charges drastique que l’on trouvera sur les sites de ces deux organismes. En France, Demeter annonce 430 exploitations certifiées et Biodyvin 135, chiffres à comparer au nombre total de 49 000 exploitations spécialisées en viticulture, dont 5 260 en « bio » (agriculture biologique).
Lorsqu’on demande à un caviste ou à un restaurateur en quoi le vin biodynamique qu’il vous propose diffère d’un vin bio, il tiendra généralement des propos du genre :  « En biodynamie, le domaine viticole est un tout isolé et l’emploi d’engrais et de pesticides solubles, naturels ou non est proscrit. Seuls les composts de substances végétales ou animales, susceptibles d’être décomposées par les organismes vivants, sont autorisés. » Voilà qui ne nous apprend pas ce qui fait la spécificité de la biodynamie par rapport au vin bio 2.
En fait, la différence essentielle provient de ce que dans le compost, selon les préconisations de Steiner (qu’il ne justifia pas), deux préparations principales doivent être ajoutées : la première est la « bouse de corne » confectionnée à partir de bouse de vache introduite dans une corne de vache puis enterrée durant la période hivernale ; la seconde est la « silice de corne », élaborée à partir de poudre de quartz, enterrée durant la période estivale, elle aussi dans une corne. Cinq préparations à base d’extraits de plantes sont de plus utilisées. L’ensemble doit être dilué dans l’eau et brassé pendant exactement une heure en plein air : c’est la « dynamisation ». Il est préférable que cela soit fait à la main. S’ajoute à cet aspect technique le respect des rythmes lunaires, planétaires et zodiacaux, qui sont pris en compte, pour le travail du sol, les plantations ou les semis et les récoltes, comme l’a préconisé Steiner et précisé Maria Thun dans son calendrier des semis en vente dans toutes les jardineries.
Les préparations sont ajoutées en très petite quantité, soit par pulvérisation (de l’ordre de 100 g de bouse de corne par hectare, par exemple) soit sous forme de compost (de l’ordre de 5 g de bouse de corne pour 10 t de compost pour un hectare) ! Une première question, essentielle, se pose alors : étant donnée la faiblesse des doses utilisées en biodynamie, peut-on s’attendre à observer le moindre effet ? Certes, aux concentrations préconisées, il est impossible que l’addition des nutriments ait une conséquence directe sur la croissance des plantes. Cependant, des effets peuvent être possibles au niveau des paramètres chimiques ou de la flore microbienne du sol. La comparaison entre bio et biodynamie mérite donc d’être soumise à une approche scientifique.
Vin-biodynamique-vin-bio-quelle-difference
Tag(s) : #secte, #manipulation mentale, #miviludes, #escrocs sectaires, #escrocs, #sciences
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