La Grande mosquée d'Alger, cette œuvre pharaonique inachevée d'un Abdelaziz Bouteflika poussé à la démission par la rue, restera le symbole de 20 ans de pouvoir absolu avec mégalomanie et dilapidation d'argent public à la clef.
De sa voiture, Kader regarde l'impressionnant édifice que longe l'autoroute embouteillée : "C'est vrai que c'est beau. Mais pour moi, elle ne veut rien dire cette mosquée, c'est juste un tas de cailloux", dit-il à l'AFP. Djamaâ el-Djazaïr (Mosquée d'Alger en arabe), majestueuse bâtisse de pierre blanche, s'étend sur 20 hectares, face à la baie d'Alger que surplombe son minaret de 265 m, présenté comme le plus haut du monde.
Dans la capitale, la silhouette du "monument" est visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Mais il a peu de défenseurs parmi les Algérois. "Mégalomanie", "immense gâchis", estiment la plupart d'entre eux. Jugé déjà "faramineux", le coût initial du chantier – 1,2 milliard d'euros – est largement dépassé. Lancée en 2012, la construction, confiée à une société chinoise qui achève encore les finitions, a plus de trois ans de retard.
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